RDC : cap sur la révolution des infrastructures, Tshisekedi lance un chantier décisif pour l’avenir du pays
Kinshasa a donné, ce 8 avril 2026, le coup d’envoi d’un rendez-vous majeur pour l’avenir du pays. À l’occasion de l’ouverture de la première Conférence nationale sur les Infrastructures et Travaux publics, le Président de la République a tracé une feuille de route ambitieuse pour transformer en profondeur le visage économique et territorial de la République démocratique du Congo.
Devant un parterre composé de membres du gouvernement, de parlementaires, de partenaires internationaux, d’experts et d’opérateurs économiques, le Chef de l’État a posé un constat sans détour : la RDC reste confrontée à un déficit structurel d’infrastructures qui freine son développement. Routes dégradées, territoires enclavés, réseaux ferroviaires vieillissants, insuffisance énergétique et numérique… autant de défis qui continuent de peser sur la compétitivité du pays.
Mais au-delà du diagnostic, le ton a résolument changé. « Le temps du diagnostic doit céder la place à celui de l’action », a martelé le Président, appelant à une mobilisation générale pour engager une transformation à grande échelle.
Des infrastructures au cœur de la souveraineté
Dans une vision claire et assumée, les infrastructures ne sont plus perçues comme de simples ouvrages techniques. Elles deviennent un levier stratégique de souveraineté, de cohésion nationale et de création de richesse. Relier les territoires, fluidifier les échanges, soutenir la production : telle est l’ambition affichée.
Le gouvernement entend ainsi faire des infrastructures le socle de la diversification économique et de l’intégration du pays, en phase avec le Plan national stratégique de développement 2024-2028.
Quatre priorités pour changer d’échelle
Pour concrétiser cette ambition, plusieurs axes majeurs ont été définis :
Réhabiliter et étendre le réseau routier, notamment les axes structurants comme la RN1, véritable colonne vertébrale du pays ;
Développer des corridors économiques intégrés, reliant zones de production, marchés et plateformes logistiques ;
Mettre en place un système de transport multimodal, combinant routes, rails, ports, voies fluviales et aéroports ;
Renforcer les infrastructures énergétiques et numériques, indispensables à toute modernisation durable.
À cela s’ajoute une exigence nouvelle : construire des infrastructures durables, résilientes et innovantes, capables de répondre aux défis climatiques et aux exigences de compétitivité.
Banana, rail et corridors : la RDC vise le rôle de hub africain
Parmi les projets phares évoqués, le port en eau profonde de Banana occupe une place stratégique. Il symbolise l’ambition du pays de s’ouvrir davantage au commerce international et de réduire les coûts logistiques.
Autre chantier clé : le développement d’un réseau ferroviaire moderne à écartement standard, destiné à relier les différentes régions du pays et à connecter la RDC aux grands marchés africains.
Objectif affiché : faire de la position géographique centrale du pays un véritable atout, en transformant la RDC en un corridor logistique majeur entre l’Atlantique et l’océan Indien.
Un appel fort aux investisseurs et aux partenaires
Conscient de l’ampleur des investissements nécessaires, le Président a lancé un appel clair au secteur privé, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’à la diaspora congolaise. Les partenariats public-privé sont appelés à jouer un rôle central dans la réalisation, la gestion et l’entretien des infrastructures.
Une conférence tournée vers l’action
Plus qu’un simple forum, la Conférence nationale se veut un cadre de décisions concrètes. Les travaux en panels et ateliers devront déboucher sur des recommandations opérationnelles et une feuille de route claire pour accélérer la mise en œuvre des projets.
À Kinshasa, le message est limpide : la RDC veut tourner la page des promesses pour entrer dans celle des réalisations. Routes, rails, ports, énergie… c’est toute l’architecture du développement national qui est en jeu.
Et cette fois, le pays semble déterminé à bâtir, durablement, les fondations de sa puissance économique.
Gilbert Muhika Mudikaka