Maroc : pourquoi le prince Moulay Hassan dit discrètement non au baisemain

Au Maroc, un simple geste en dit parfois long. Le baisemain, rituel ancien consistant à embrasser la main du souverain, est depuis des siècles un marqueur de respect et de loyauté envers la monarchie. Mais aujourd’hui, ce symbole vacille — doucement, sans rupture — sous l’effet d’une nouvelle génération.
Au cœur de cette évolution : le prince héritier Moulay Hassan.

Un geste traditionnel… de plus en plus questionné

Longtemps, le baisemain a incarné bien plus qu’une politesse. Il traduit une relation verticale au pouvoir, où le roi est à la fois chef d’État et autorité spirituelle. Dans ce cadre, le geste devient presque un acte d’allégeance.
Mais dans un monde où les codes changent, cette pratique est de plus en plus perçue comme rigide, voire décalée.

Une jeunesse royale en phase avec son époque

À chacune de ses apparitions publiques, un détail attire l’attention : le prince héritier semble éviter ou écourter le baisemain. Il privilégie des salutations plus sobres, plus directes, plus modernes.
Ce choix n’est pas anodin.
Il traduit une volonté de :

  • désacraliser les rapports humains sans affaiblir l’institution
  • moderniser l’image de la monarchie
  • instaurer une relation plus fluide avec les citoyens
    Sans discours officiel, le message passe — par les gestes.

Entre tradition et modernité, une monarchie en mutation

Le Maroc n’est pas en rupture avec son histoire. Mais il ajuste ses symboles.
Refuser le baisemain ne signifie pas rejeter la monarchie. C’est plutôt une manière de la réinventer, de l’adapter à une époque où l’autorité ne s’impose plus seulement par le rituel, mais aussi par la proximité et l’exemplarité.

Un signal fort, au-delà du Maroc

Ce changement discret dépasse les frontières marocaines. Il illustre une tendance plus large en Afrique : celle de dirigeants et héritiers qui cherchent à concilier héritage culturel et exigences contemporaines.
Dans ce contexte, chaque geste compte.
Et parfois, ne pas tendre la main… en dit plus long que mille discours.

Gilbert Muhika

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