RDC : Nos minerais, notre destin !
La République démocratique du Congo possède l’un des sous-sols les plus riches de la planète. Cobalt, cuivre, coltan, lithium, or : le monde entier en a besoin pour alimenter la révolution numérique et la transition énergétique. Pourtant, la question demeure : pourquoi le peuple congolais reste-t-il pauvre au milieu d’une telle abondance ?
La réponse est simple : posséder des ressources n’est pas la même chose que les contrôler.
La véritable souveraineté minière commence par la connaissance de nos richesses. La RDC doit investir dans sa propre expertise géologique afin de ne plus dépendre exclusivement des données produites par des intérêts extérieurs.
Elle doit ensuite imposer des règles claires : davantage de transformation locale, davantage de valeur ajoutée et davantage de retombées pour les communautés et pour l’État. Exporter des minerais bruts, c’est souvent exporter des emplois, des technologies et des revenus.
Mais la souveraineté a un coût. Elle exige de l’électricité, des routes, des chemins de fer, des usines et des investissements massifs. Elle exige aussi la sécurisation des sites miniers et la lutte contre la corruption qui prive la nation de ressources considérables.
Enfin, la RDC doit apprendre à négocier d’égal à égal avec ses partenaires. Ni dépendance, ni confrontation stérile : seulement la défense intelligente des intérêts nationaux.
Le XXIᵉ siècle sera celui des minerais stratégiques. La RDC peut choisir de rester une simple carrière pour les puissances étrangères ou devenir une puissance industrielle africaine. Le choix est historique.
Nos minerais ne doivent plus enrichir le monde sans enrichir les Congolais. La souveraineté n’est pas un slogan. C’est un combat, une vision et une responsabilité collective.
À mon humble avis, « le scandale géologique congolais ne prendra fin que lorsque chaque tonne de minerai extraite se transformera en prospérité visible pour le peuple congolais. »
Gilbert MUHIKA